Le développement psychosexuel des enfants et des adolescents est une composante essentielle de leur croissance et de leur bien-être global. Souvent un peu mise de côté d’ailleurs, comme si elle faisait peur, comme si elle encombrait ou qu’on ne savait pas quoi en faire.
Cet article expose, avec humilité, les différentes étapes du développement psychosexuel des enfants et des ados, au travers notamment des notions de curiosité sexuelle, d’identité de genre, d’orientation sexuelle et d’éducation sexuelle.

C’est quoi le développement psychosexuel ?
Le développement psychosexuel est la progression psychologique et émotionnelle des individus en ce qui concerne leur sexualité. Il englobe des changements cognitifs, affectifs et sociaux liés à la compréhension et à l’expression de la sexualité, ainsi qu’à la formation de l’identité sexuelle et de l’orientation sexuelle.
Il commence dès la petite enfance et se poursuit tout au long de l’adolescence et de l’âge adulte. Il est influencé par des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et culturels, ainsi que par les expériences individuelles.
On constate 5 stades du développement psychosexuel :
Stade 1 : de 0 à 3 ans
Les enfants commencent à développer une curiosité sexuelle naturelle. Ils vivent à travers leur sens (vision, audition, odorat, toucher, goût) et expérimentent les différents sentiments humains (sécurité, chaleur, joie, faim…) ainsi que leur corps, qu’il découvre. Petit à petit ils prennent conscience d’eux-mêmes, apprennent qu’ils sont différents des autres enfants, que chacun.e a des spécificités, ils les voient d’ailleurs, car ils se les montrent. Il y a un grand besoin de contact physique et l’apprentissage des normes sociales (ne fais pas ci, ne fais pas ça). C’est également dès ce stade qu’il y a les premiers gestes masturbatoires. Fais de manière assez naïve, liés à la découverte sensorielle du corps, qu’il ne faut surtout pas rendre culpabilisant.
Si un jeune enfant a ce genre de geste, il ne faut pas le gronder, il faut lui expliquer qu’il a le droit de le faire mais dans certaines conditions, pas en public par exemple, dans sa chambre aussi.
Rappel important : il faut toujours distinguer la sexualité d’un individu non-pubère et pubère, ça n’a rien à voir ! Aussi appelés stades pré-génital (stade oral, stade anal, stade oedipien, stade de latence, durant laquelle le plaisir recherché est auto-érotique) et génital (stade génital, débute vers 12 ans, le plaisir recherché est allo-érotique, il implique une autre personne). Cela s’appuie sur, notamment, les travaux, certes controversés mais tellement significatifs, de Freud.

Stade 2 : de 4 à 6 ans
C’est une période durant laquelle l’acquisition de normes sociales se développe fortement. Tout comme l’exploration du corps, par exemple à travers le jeu du docteur. Au départ cela se fait ouvertement puis petit à petit en cachette car l’acquisition des normes sociales leur expose la notion d’interdit. Les enfants découvrent les limites, ils expérimentent et apprennent ce qu’est la pudeur et l’intimité, ils commencent également à s’intéresser au phénomène de reproduction (« comment on fait les bébés ? »). Les liens d’affection grandissent également, les enfants se lient d’amitié, souvent un peu confondu avec l’amour d’ailleurs et ils développent une idée sociale des autres.

Stade 3 : de 7 à 9 ans
Les enfants de 7 à 9 ans peuvent commencer à se sentir mal à l’aise face à la nudité, ils posent moins de questions sur la sexualité en public car ils ont compris le cadre de ce sujet, ils deviennent de plus en plus des être sociaux. Ils forment des groupes d’ami.es et se confrontent aux idées différentes, au défis que les autres peuvent apporter et cherchent à se montrer plus connaisseurs que les autres. Aussi, et pas des moindres, c’est à cet âge-là que les enfants commencent à fantasmer et hautement ! Imaginez le bazar que cela crée, si à cet âge-ci des images pornographiques sont visualisées… La fantasmatique est très importante, c’est très bien de fantasmer, et elle doit se développer au rythme de l’individu et avec ses propres schémas érotiques et surtout, de son âge. Il est important de le préciser car les images pornographiques sont malheureusement consommées (de manière voulue ou non) de plus en plus tôt, autour de 10 ans.

Stade 4 :de 10 à 15 ans
Ici nous sommes au stade communément appelé de pré-puberté et puberté (ça vous file des frissons dans le dos ? Courage 💪🏻 C’est une période passionnante et tellement florissante !). Durant cette période, les hormones sexuelles s’activent, on commence petit à petit à fantasmer une vie sexuelle plus adulte, la curiosité face à cette vie s’exacerbe. Et c’est complètement normal, ce sont les hormones ! Rien de plus naturel que cela. Durant la puberté, en plus des sensations et des envies, c’est aussi le corps qui se modifie. Entrainant avec lui bon nombre d’inquiétudes et de questions. Il est important de pouvoir accompagner les adolescent.es dans cette phase de changements. C’est à cet âge que la masturbation se développe de manière plus consciente, l’image sexuée de soi et des autres se développe (accompagnée de l’attitude de séduction) ainsi que la sensibilité de l’opinion des autres. À cet âge, on découvre son orientation sexuelle, qu’elle soit admise ou non et surtout… on tombe amoureux ❤️.

Stade 5 : de 16 à 18 ans
L’indépendance, le mot qui les font rêver. À cet âge-là, les adolescent.es, presqu’adultes, recherchent l’indépendance, ils/elles expérimentent de nouvelles relations, de nouveaux sentiments, de nouvelles sensations et envie sexuelles. Ils/elles ont également une idée beaucoup plus claire de leur orientation.

C’est quoi l’identité sexuelle ?
L’identité sexuelle est un concept clé qui englobe la manière dont se perçoit et se définit une personne, concernant son genre, son orientation sexuelle et son sexe assigné à la naissance (tous 3 indépendants). C’est une dimension complexe de l’identité qui comprend à la fois le sentiment interne de soi et la manière dont cette identité est exprimée et vécue dans la société. Elle regroupe : le sexe biologique, l’identité de genre, le rôle sexuel et l’orientation sexuelle.
Le sexe biologique
C’est l’identification biologique par le génotype (l’ensemble des caractères héréditaires propres à un individu) et le phénotype (l’expression de ce patrimoine génétique dans un environnement donné) : l’un contient le patrimoine génétique d’un individu, l’autre l’exprime.
L’identité de genre
Le sentiment, la sensation ou la conviction d’être un homme, une femme, les deux, aucun des deux etc. On retrouve de nombreuses identités de genre, en voici 8 exemples :
- Cisgenre : personne dont l’identité de genre correspond au sexe biologique assigné.
- Transgenre : personne dont l’identité de genre diffère du sexe biologique.
- Non binaire : identité de genre qui ne se limite pas aux catégories traditionnelles homme ou femme. Les personnes non binaires peuvent se percevoir comme étant à la fois hommes et femmes, ni hommes ni femmes, ou fluctuer entre les deux.
- Genre fluide : identité de genre qui peut varier avec le temps, où une personne peut se sentir parfois plus masculine, parfois plus féminine, ou se situer ailleurs sur le spectre du genre.
- Agender : identité de genre dans laquelle une personne se considère comme sans genre ou n’ayant aucune appartenance à un genre spécifique.
- Genderqueer : identité de genre qui remet en question les normes binaires du genre et qui peut inclure des aspects de non-binarité ou de fluidité de genre.
- Androgyne : identité de genre caractérisée par une combinaison ou une expression équilibrée de traits masculins et féminins.
- Demi-genre : identité de genre qui se situe à mi-chemin entre deux genres, par exemple, demi-femme ou demi-homme.
De constater autant de genre revient vraiment à une importance capitale : le respect de l’expression de soi, sans limite.
Les rôles sexuels
Ce sont les rôles sociaux attribués à chaque sexe. Ils jouent un rôle, malheureusement, prépondérants et s’associent à des stéréotypes de genre. Il est important de les mentionner car ils ont un réel impact sur l’identité sexuelle, en avoir conscience permet d’agir pour que l’impact soit positif et non négatif.
L’orientation sexuelle
C’est l’objet de l’attirance et du désir. On la divise en 2 catégories : l’attirance sexuelle et l’attirance sentimentale. Et là aussi, on retrouve bon nombre de sous-catégories. En voici 6 (liste non exhaustive) :
- Hétérosexualité : attirance sexuelle et/ou romantique pour des personnes du sexe opposé.
- Homosexualité : attirance sexuelle et/ou romantique pour des personnes du même sexe.
- Bisexualité : attirance sexuelle et/ou romantique pour des personnes des deux sexes, tant le sexe opposé que le même sexe.
- Pansexualité : attirance sexuelle et/ou romantique pour des personnes, indépendamment de leur sexe, genre ou identité de genre.
- Asexualité : absence ou peu d’attirance sexuelle envers les autres.
- Polysexualité : attirance sexuelle et/ou romantique pour plusieurs genres, mais pas nécessairement tous.

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