L’amour est souvent relégué au second plan, un sentiment doux-amère chuchoté dans les recoins de nos existences trépidantes. Cependant, il y a un jour dans l’année où l’amour est au centre de toutes les attentions, où il est célébré avec une ferveur et une passion renouvelées (ou une moquerie et un ras-le-bol) : la Saint-Valentin.
Fête commerciale ? Ou fête païenne de l’Antiquité Romaine ?
La Saint-Valentin trouve ses racines dans l’histoire ancienne et les traditions profondément enracinées de la société. Remontant à l’époque de l’Empire romain, la Saint-Valentin trouve ses origines dans les Lupercales, une fête païenne célébrée en l’honneur de Lupercus, le dieu de la fertilité qui avait lieu entre mi février et mi mars. Les festivités incluaient des rituels de purification et de fertilité, et au cours de ces célébrations, les jeunes hommes tiraient au sort le nom de leurs compagnes pour l’année à venir.
Dit comme ça, c’est limite mais ça passe encore. Vous imaginez bien qu’à cette époque régie par des mythes, des dieux et des rituels douteux, ce n’était pas que ça.

Le sacrifice
On parlait d’un collège des Luperques ,constitué des fils des cinq plus anciennes familles aristocratiques, descendantes des fondateurs de Rome. La cérémonie avait lieu symboliquement dans la grotte de la Lupercal pour rendre hommage à l’allaitement de Rémus et Romulus par la Louve. Luperques viendrait d’ailleurs du mot loup.
Après avoir immolé des chèvres, des boucs et un chien, on conduisait deux jeunes gens devant l’autel.
Le prêtre touchait leurs fronts avec le couteau sanglant et les essuyait avec des tampons de laines préalablement trempés dans du lait. Après quoi les jeunes gens devaient éclater de rire pour purifier leur âme (symbole de souffle de vie et de renouveau).

La course des Luperques
Puis les deux jeunes gens se lançaient dans une course à travers la ville. Après avoir fait le tour du mont Palatin pour purifier l’ancien site, ils se répandaient dans la ville en riant et en buvant.
Les luperques, à demi nus et couverts seulement de la peau des chèvres sacrifiées, frappaient les spectateurs avec des lanières de peau de chèvres. Les femmes enceintes, pensant s’éviter les douleurs de l’enfantement, s’offraient à leurs coups car il était dit que les coups de lanières apportaient aussi fertilité et facilitaient la montée de lait.
O.K !

Une loterie amoureuse
Les romains adoraient les jeux de hasard, croyant fermement au destin et aux signes.
Avant le banquet, chaque jeune fille présentent pour la fête des Lupercales (devenue Saint Valentin) inscrivait son nom sur un papier qu’elle déposait dans une grande jarre, puis, chaque jeune garçon tirait au sort le nom de la jeune fille qui devait rester avec lui pendant tout le banquet (un poil contraignant).
Mais parfois ! Les jeunes gens tombaient amoureux et se mariaient.
Cette tradition était dédiée à Junon, déesse du mariage, chargée de protéger la sainteté du mariage et de présider aux accouchements.

Plusieurs divinités figurées
Comme on l’a vu, il y avait Junon, mais aussi Faunus, bouc symbole de festivité, lubricité, fécondité et de nature. Les Lupercales devaient libérer les puissance vitale de la nature, on parle d’un réveil de la nature végétale mais surtout animale, voire bestiale.
Qui est Valentin alors ?
Les hauts dignitaires de la religion chrétienne détestaient cette fête païenne, ce culte à la fertilité et cet étalage publique de nudité et festivités libertines.
Les papes successifs tentèrent de la faire disparaître, mais en vain.
L’origine de la Saint Valentin reste très très flou, les historiens se sont néanmoins accordés sur l’identification de 7 potentiels Valentin qui se recoupent définitivement autour d’une seule et même personne : Valentin de Terni. Un prêtre chrétien martyrisé et exécuté un 14 février vers 270.
On dit qu’il fut condamné à mort par l’Empereur Claude II qui avait alors interdit les mariages en constatant que les chrétiens une fois mariés refusaient de s’engager dans les légions militaires pour ne pas quitter leur famille (les salauds !) Le prêtre Valentin aurait continué de marier secrètement les amoureux qui le désiraient, jusqu’à ce qu’il se fasse prendre et condamné 💔
Durant son incarcération, il aurait envoyé des messages tendres à la fille d’un de ces geôliers, Augustine. Dont il était tombé éperdument amoureux. Chaque message était signé par « Ton Valentin » et ce, jusqu’au jour de son exécution, mort en défenseur de l’amour et du mariage et en créateur du billet d’amour et créateur de l’expression « Ton Valentin / Ta Valentine ».

Une célébration qui n’a eu de cesse de se réinventer
Depuis, de nombreuses traditions, de nombreuses variations sont nées. Les billets doux, les bals, les cache-cache, les échanges de chocolats et de cadeaux, les dîners romantiques, les soirées libertines : chaque pays, chaque époque, chaque personne a sa propre expression de la Saint Valentin.
Et c’est ce qui la rend si spéciale, si rebelle et si représentative : honneur à l’amour, aux passions, au partage et à la nature.
Et vous faites, bien tendu, ce qui vous plait pour le 14 février ! Rien, ou une soirée exubérante : c’est à vous seul.e de voir ! Mais j’ai tendance à vous encourager à être créatif.ve 💓
Parce que, ce qui me parait être le plus important : c’est de remettre l’amour au centre. Quelque soit la forme que vous lui donnerez, faites-le ressortir au devant de la scène de votre vie.


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