“Les sexologues sont un peu les anciens curés ?”

C’est une phrase qu’une femme de 65 ans m’a dite quand je lui ai partagé mon métier. J’ai adoré, ça a titillé mon âme de journaliste.

Le confessionnal, lieu de toutes les confessions intimes

Dans les églises, le confessionnal a longtemps été le lieu où les fidèles ont avoué leurs péchés les plus sombres, cherchant le pardon et la rédemption. Mais imaginez un instant que ces mêmes confessionnaux aient également été le théâtre des confessions les plus intimes, celles des désirs, des troubles et des frustrations sexuelles.

C’est là que réside le paradoxe : le confessionnal, symbole de la répression et de la culpabilité religieuse, aurait-il pu être le berceau de la sexothérapie moderne ? C’est dans cette étrange juxtaposition que nous découvrons un lien surprenant entre les confesseurs d’hier et les sexothérapeutes d’aujourd’hui.

Le curé comme confident

Les anciens curés, en tant que gardiens des péchés (et donc secrets inavouables), occupaient une position unique dans la société, offrant un refuge pour ceux qui cherchaient réconfort et conseils. C’est dans ce rôle que réside le lien entre le confessionnal et la sexothérapie. Les curés étaient souvent appelés à conseiller les fidèles sur des questions de mariage, de sexualité et de famille, offrant des conseils spirituels et moraux dans des domaines qui étaient souvent marqués par la confusion et la culpabilité.

Au fil du temps, la société a commencé à reconnaître l’importance de la santé sexuelle et du bien-être émotionnel, conduisant à l’émergence de la sexothérapie moderne. Contrairement au confessionnal, où la confession des péchés était suivie de l’absolution et du pardon divin, la sexothérapie se concentre sur l’exploration des désirs, des besoins et des frustrations sexuelles dans un cadre non religieux et non moralisateur, en quête de guérison et solutions.

Les étapes de la confession & celles de la sexothérapie : 

Dans le confessionnal // En cabinet avec une sexothérapeute :

1/ Examen de conscience // Anamnèse, récit de vie de la personne
Ici, on creuse, on raconte son histoire, sur ce que l’on ressent.

2/ Confession des péchés // Exposition de la situation, de la problématique
Ici, on expose, on avoue, on se livre.

3/ Absolution par le prêtre // Accueil et approfondissement
Là, on accueille, on reformule, on approfondit, on ouvre, on éduque.

4/ Satisfaction ou pénitence // Solution et épanouissement intime
Et ici, on offre satisfaction par l’épanouissement.

Les péchés confessés au prêtre, vus par une sexothérapeute 

Bien-sûr, c’est ici que résident les PLUS GRANDES différences. Il en va de soi, cette comparaison a beaucoup de limites, nous les voyons ici.

L’adultère :

Perspective confessionnelle : considéré comme une trahison de l’engagement matrimonial et un péché grave contre la fidélité conjugale.

Perspective sexothérapeutique : peut être exploré comme un symptôme de problèmes relationnels plus profonds, nécessitant une communication ouverte et une compréhension des besoins et des désirs non satisfaits dans la relation.

La fornication :

Perspective confessionnelle : vue comme une violation du sacrement du mariage et une transgression morale contre la pureté.

Perspective sexothérapeutique : examinée à la lumière des valeurs et des croyances personnelles, ainsi que des motivations et des conséquences émotionnelles de l’activité sexuelle hors mariage. Très souvent, bénignes.

La luxure :

Perspective confessionnelle : considérée comme une perversion du désir humain et une déviation des enseignements moraux de l’Église.

Perspective sexothérapeutique : expression normale du désir sexuel, nécessitant une exploration des croyances et des attitudes individuelles envers la sexualité et le plaisir.

La pornographie :

Perspective confessionnelle : jugée comme une forme de perversion et une incitation à la luxure et au péché.

Perspective sexothérapeutique :  examinée comme un moyen d’exploration de la sexualité mais aussi comme une problématique de modèle, de construction, d’anxiété de performance. Nécessite une évaluation quant à son impact sur la vie personnelle et relationnelle. 

La masturbation :

Perspective confessionnelle : condamnée comme une activité solitaire et égoïste contraire à la loi naturelle.

Perspective sexothérapeutique : expression de la sexualité souvent recommandée, un moyen de découvrir son propre corps et ses désirs. Peut également nécessiter une évaluation de son rôle positif et parfois négatif dans la vie sexuelle globale et le bien-être émotionnel.

Des pensées impures :

Perspective confessionnelle : considérées comme des péchés de l’esprit, reflétant une déviation du chemin moral et une faiblesse de la volonté.

Perspective sexothérapeutique : peut être explorée comme une partie à part entière et saine de la vie sexuelle, nécessitant une distinction entre les fantasmes et les pensées obsédantes ou nuisibles.

Des comportements inappropriés :

Perspective confessionnelle : jugés comme des transgressions de la décence et de la moralité, nécessitant la contrition et le repentir.

Perspective sexothérapeutique : évaluation du prisme du respect des limites personnelles et du consentement.

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